LE LIEN
Les Parques sont les trois divinités qui règlent la vie de chaque mortel, l’une
tisse, l’autre déroule, la dernière coupe le fil de l’existence. Elles sont filles de la Nuit.
Forces élémentaires, elles sont les gardiennes de l’ordre universel.
Elles se dressent à la lisière entre deux mondes et assurent le lien entre les vivants et les morts,
les hommes et les dieux, la lumière et les ténèbres.
Cette Trinité se heurte à un monde dont elle ne comprend plus le sens. Un monde
qui l’a destituée, désacralisée.
Ces femmes sont prisonnières de leur rôle, de leur corps, de la Terre. Elles accomplissent malgré tout, leur fatale besogne en assistant,
impuissantes, à l’accélération folle de la modernité.
Leurs fils sortent de la toile, ils s’emmêlent, les emmêlent, se croisent et bougent au gré des mouvements du public et donc du hasard.
Face à elles, Eurydice lâche le fil qui la relie à la vie.
Un lâcher-prise, prélude à sa renaissance ?
LES ENTRAILLES
Ces tableaux sur fond couleur de sang suggèrent une descente dans les
entrailles de la Terre/Mère/Femme.
Dans ce ventre terrestre errent les corps qui ont perdu leur âme.
• La lettre réduit le corps féminin à son code génétique. Ce courrier vient d’un institut de cancérologie.
Il révéle la présence de la mutation du gène BRCA1.
• Accouchement I et II : le corps prend les pleins pouvoirs sur la femme et œuvre pour donner la vie.
Autant qu’un enfantement, c’est un accouchement de la maternité.
• Le tableau Double renvoie à la perte du moi dans la dépression.
LA PASSATION DE POUVOIR
Un triptyque vertical déroule une généalogie de femmes enceintes où chacune engendre la suivante comme une infinie passation de pouvoir.
Passation du Pouvoir Vivre
Passation du Pouvoir Mourir
Passation du Pouvoir Aimer